Faboccia - Un projet qui tient la rampe

Publié par Simon Lahitete, le 17 janvier 2019   110

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C'est un projet de longue haleine sur lequel ont planché plusieurs jeunes issus de projets différents. Avec tous le même objectif : aider les handicapés à pratiquer leur sport.

  C'est une rampe de boccia mais ce pourrait aussi bien être une rampe de lancement. Celui d'une fusée à plusieurs étages, à plusieurs étapes aussi, où l'on a repris à chaque palier le travail effectué avant et laissé en l'état. Avec comme liants le FabLab du 127° de Cap Sciences et la Fondation Orange qui ont accompagné des gens toujours différents, des jeunes qui se succèdent et apportent chacun leur pierre à l'édifice.

Tout commence en 2017, lors d'un challenge entre FabLabs solidaires sur le thème « Sport pour tous ». Le tout étant placé sous l'égide du Comité International Olympique à l'occasion des JO de Paris 2024. Un challenge qui est aussi l'occasion de répondre directement à une sollicitation du comité handisport de la Gironde qui cherche depuis longtemps à se faire fabriquer une rampe de boccia. La boccia, keskséksa ? C'est une variante de la pétanque, un sport de précision qui se joue en intérieur et avec des boules de cuir. Et qui, surtout, est un sport paralympique depuis 1984. Le fait que la France n'y ait jamais glané une médaille n'enlève rien de son intérêt : seuls les gens en fauteuil roulant peuvent y jouer, divisés en quatre catégories selon, essentiellement, deux critères. Soit on peut lancer la boule à la main, soit on ne peut pas et c'est là que la rampe trouve tout son intérêt : le joueur indique à un assistant valide comment placer la rampe et il peut alors lancer la balle dans ce sport qui est plus tactique que physique.



Mais les rampes sont rares et de ce fait, assez chères. L'objectif de ce premier challenge était donc de prototyper une rampe et d'en laisser les plans en open source pour que le plus grand nombre de joueurs y aient accès. Le projet est un succès puisqu'il reçoit les 15 000 € du « Coup de coeur » Paris 2024. Entre temps, les membres de cette première équipe, qui avait porté ce premier projet couronné de succès, sont repartis chacun de leur côté et le FabLab se retrouve donc avec une enveloppe, un projet mais personne pour le mener à bien. Ce sera donc le rôle des élèves de l'Ecole de la deuxième chance qui entrent dans la boucle en 2018, à charge pour eux de finir le travail. Un peu à la manière d'un lancement de produit dans une entreprise, il s'agit d'imaginer le logo, de parachever le prototype, de le fabriquer et de le tester dans des conditions de compétition.



En tout, dix-huit jeunes se sont succédés pendant une dizaine de séances pour travailler sur un projet concret qui avait du sens pour eux. Du sens d'un point de vue moral mais aussi pédagogique puisque ce travail s'inscrivait dans un parcours de montée en compétence. Un travail éminemment participatif : l'ensemble de la conception était une tâche de longue haleine qui ne pouvait être menée par un seul groupe. Il a donc fallu réexpliquer à chaque nouveau groupe la finalité et les moyens du projet pour qu'enfin, la rampe, sa fabrication et tout l'univers graphique qui l'entoure soit menés à bien. Le FabLab et les jeunes vont pouvoir en monter 4 ou 5 : une ou deux seront remises au comité handisport, deux au club mérignacais qui a accueilli les premiers tests et un demeurera en permanence au FabLab. Parce que l'objectif final, c'est que tous ceux qui ont besoin d'une rampe puissent venir la fabriquer eux-mêmes. Même achevé, le projet n'est pas encore terminé.