Les candidats de Ma thèse en 180 secondes en 5 questions : Elsa Bruyère

Publié par SAPS Université Bordeaux Montaigne, le 25 février 2026

Elsa Bruyère, doctorante en histoire au CEMMC, participe à l’édition 2026 de MT180, le concours oratoire dans lequel les participants doivent résumer leur thèse en 3 minutes. Dans cette courte interview, elle nous en dit un peu plus sur son sujet de thèse, ses objectifs et ses attentes.

Pourriez-vous présenter brièvement votre parcours universitaire ?

Elsa Bruyère : Après avoir réalisé deux années en classe préparatoire aux grandes écoles filière AL, plus communément appelée prépa littéraire, j’ai effectué une 3ème année de licence en histoire à l’Université Bordeaux Montaigne. Ensuite, j’ai réalisé un double master, toujours en histoire, mention « Pouvoirs et espaces politiques » et « Études sur la guerre ». Au cours de ce master, j’ai débuté mes recherches sur les résistantes du réseau Comète dans le cadre d’un mémoire.

De quoi traite votre sujet de thèse ?

EB : Si mon mémoire portait sur l’expérience clandestine des résistantes du réseau Comète, ma thèse porte sur la réinsertion de ces résistantes dans la vie civile, après la Libération, jusqu’aux années 2010. Je développe une approche genrée, transnationale et mémorielle. Ce réseau a été créé en Belgique avec l’objectif de faire évacuer les aviateurs qui étaient « tombés » en sol occupé par les Allemands, et de les rapatrier jusqu’en Angleterre pour qu’ils reprennent le combat. Ce réseau possède plusieurs secteurs, dont la Belgique et la France. La plupart des résistants et des résistantes du réseau convoyaient les aviateurs jusqu’au consulat britannique à Gibraltar, au sud de l’Espagne. Mon approche genrée s’explique par le fait que c’est un réseau très féminisé. Dans les archives françaises, on a quand même 45% de résistantes, ce n’est pas rien ! Cet échantillon peut d’ailleurs être agrandi avec des sources internationales, c’est aussi le but de ma thèse. Pour l’approche mémorielle, ma thèse se fonde sur des sources administratives, des archives, notamment des archives de liquidation (des dossiers remplis par les résistantes après la Libération). Elle se fonde également sur des sources imprimées. Il y a notamment trois témoignages écrits par les résistantes : un publié en 1948, un autre en 2005 et un dernier en 2018.

Pourquoi avoir choisi ce sujet de thèse ? Au travers de ces recherches, qu’est-ce que vous souhaitez démontrer ?

EB : La poursuite de mes recherches sur les résistantes du réseau Comète est apparue comme une suite logique à mes recherches de master puisqu'il n’existe aucune étude globale sur le passage de la clandestinité au temps de paix d’un groupe de résistantes. C’est donc un enjeu de combler ce vide historiographique, sachant que le réseau est transnational, et qu’il y a donc beaucoup de sources à étudier. Il s’agit de croiser ces sources tout en prenant en compte le biais de l’époque, puisque les femmes étaient invisibilisées. Beaucoup d’entre elles ne sont pas répertoriées comme résistantes. Mon travail c’est aussi de consulter les dossiers des résistants et d’observer quand ils parlent de leur femme, de leur fille, etc. Elles n’ont pas forcément le statut de résistantes, et n’ont donc pas de dossier à leur nom. Mon but, c’est de les ajouter à mon échantillon, puisqu’elles sont légitimes à être reconnues comme telles.

Pourquoi avoir décidé de participer au concours « Ma thèse en 180 secondes » ?

EB : Pour être honnête, j’ai été curieuse du projet et j’ai apprécié la démarche de vulgariser sa thèse auprès d’un large public qui n’est pas familier avec le sujet. J’ai aussi trouvé ça motivant de pouvoir partager ses recherches avec des chercheuses et des chercheurs d’autres laboratoires. Nous avons des séances de formation où nous apprenons à mettre en scène notre texte. Cela nous entraîne à être à l’aise à l’oral. En plus, on discute toutes et tous ensemble de nos sujets, c’est enrichissant.

Qu’attendez-vous de cette participation ?

EB : J’attends de pouvoir partager mon sujet avec le plus grand nombre, notamment hors de la sphère universitaire. Je pense que ça ne peut qu’être une expérience enrichissante !

La finale d’établissement du concours Ma Thèse en 180 secondes aura lieu le jeudi 2 avril 2026 au Plateau TV de l’IUT Bordeaux Montaigne à 14h.

Entretien réalisé par Mélanie Duron avec l’accompagnement de l’équipe SAPS de l’Université Bordeaux Montaigne.