Les candidats de Ma thèse en 180 secondes en 5 questions : Lucie Boulay

Publié par SAPS Université Bordeaux Montaigne, le 2 mars 2026

Lucie Boulay, professeure et doctorante en philosophie à SPH, participe à l’édition 2026 de MT180, le concours oratoire dans lequel les participants doivent résumer leur thèse en 3 minutes. Dans cette courte interview, elle nous en dit un peu plus sur son sujet de thèse, ses objectifs et ses attentes.

Pouvez-vous présenter brièvement votre parcours universitaire ?

Lucie Boulay : J’ai débuté des études en hypokhâgne et khâgne au lycée Henri IV, à Paris, pendant trois ans, puis j’ai obtenu un master, en philosophie contemporaine, à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Après être devenue professeure de philosophie, j’ai exercé pendant deux ans dans l’académie d’Amiens. À la rentrée universitaire 2025-2026, j’ai obtenu un contrat doctoral qui me permet de rédiger ma thèse et d’enseigner en parallèle à l’Université Bordeaux Montaigne en philosophie contemporaine.

De quoi traite votre sujet de thèse, pouvez-vous le présenter ?

LB : Dans ma thèse, je propose d’élucider le concept de transcendance chez Simone de Beauvoir. La transcendance est un mouvement de sortie de soi du sujet, qui s’extériorise vers un dehors. Ce terme est issu de la phénoménologie allemande et française (Edmund Husserl, Martin Heidegger, Jean-Paul Sartre). L’enjeu est de saisir en quoi Simone de Beauvoir, à la suite de Sartre, radicalise le geste de politisation du concept de transcendance pour penser le privilège de genre, de classe ou encore d’âge, comme une limitation de la transcendance d’autrui.

Pourquoi avoir choisi ce sujet de thèse ? Quels sont les aspects qui vous plaisent le plus ?

LB : J’ai redécouvert Beauvoir à partir de la lecture de La Force de l’âge, à la suite de mon entrée dans l’éducation nationale, lorsque plusieurs de mes collègues lisaient les Mémoires. Dans son récit mémoriel, Beauvoir débute l’enseignement de la philosophie à Marseille. J’y ai retrouvé l’élan de bonheur qui avait été le mien, au moment de mon entrée dans le métier. Cette première lecture m’a donc conduit à lire l’intégralité des mémoires, soit environ 3 000 pages. En parallèle, j’ai réinvesti le corpus théorique de Beauvoir. J’ai par la suite cherché à opérer un croisement des deux corpus dans mon travail de thèse.

Pourquoi avoir décidé de participer au concours « Ma thèse en 180 secondes » ?

LB : L’idée de médiation et de transmission, au sens large, a toujours été un enjeu pour moi. À l’université, je me suis beaucoup engagée dans la médiation quand j’étais en master, en refusant l'enfermement de la philosophie dans les murs de l’université.

Qu’attendez-vous de cette participation ?

LB : Je considère ce concours comme une formation afin de dépasser certaines de mes habitudes académiques. Louise de Sedouy, metteuse en scène et formatrice du concours souligne des points à améliorer dans notre expression orale lors de nos interventions universitaires. Cela permet d'en prendre conscience et de travailler sur la vulgarisation de notre recherche. 

La finale d’établissement du concours Ma Thèse en 180 secondes aura lieu le jeudi 2 avril 2026 au Plateau TV de l’IUT Bordeaux Montaigne à 14h.

Entretien réalisé par Christopher Cramilly, étudiant en Master 1 Médiation et communication des sciences et des techniques avec l’accompagnement de l’équipe SAPS de l’Université Bordeaux Montaigne.