Exposition

Exposition Machines utopiques

L’exposition présente des machines nées de l’imaginaire de jeunes artistes et designers. Des machines utopiques qui révèlent ou extrapolent la relation que nous entretenons (ou que nous pourrions entretenir dans le futur) avec les machines.

Fruit d’un appel à projet national et de résidences à la Gaîté Lyrique (Paris) et au Bel Ordinaire (Billère), l’exposition sera présentée à Pau, puis durant le premier trimestre 2018 au Lieu Multiple/Espace Mendès-France de Poitiers, partenaire co-producteur du projet.

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Marie Rousseau (France)

A l’heure de l’omniprésence algorithmique, l’homme s’approprie sans complexe les nouveaux objets technologiques. Une fraction de seconde suffit pour échanger avec ces dispositifs de manière « naturellement automatique ». Ludiques et intuitifs, ils gardent pourtant en profondeur leur essence, tout un système jamais totalement dévoilé. Il s’agit alors pour l’homme de définir les caractéristiques de notre époque, de sa technologie et notre capacité à absorber et à suivre les flux vertigineux des images, des sons, des e-mails, etc. Structure gazeuse, l’outil numérique s’est imposé comme une puissance coopérative qui extrapole notre perception de l’espace, de la durée et influence le langage.

Dans la même lignée des making-off de film, Loading est une réflexion sur « l’envers du décor » de la machine. Une proposition de réappropriation des principes numériques en traduction mécanique. Inspirée de l’univers cyberpunk, Loading est une machine à attendre. Métaphore de l’ordinateur, cette machine utopique souhaite révéler les systèmes invisibles de la boite noire dont le fonctionnement et la vitesse de calcul nous échappe.

 Confiez leur vos désirs

Confiez leur vos désirs 
Laura Haie (France)

Premier né d’une série de robots effectuant des gestes « inutiles mais sources de plaisir », ce robot invite le public à lui offrir un sucre pour « se faire un canard de café ».

Faire un canard de café, c’est créer une sucrerie, un met. On l’offrait à ses enfants pour les récompenser, ou bien imbibé d’alcool, il soignerait les maux de gorge et de transport. C’est un geste de plaisir, de patience, de délectation avant la dégustation du sucre imbibé, puis du café. Un moment presque intime….

À l’opposé du rôle traditionnel donné aux robots, les humains peuvent donc confier au robot de Laura Haie des gestes inutiles leur donnant satisfaction. La machine devient donc un objet réalisant des désirs, du moins en théorie. Car, à la vision de ce geste, l’homme sera t-il réellement satisfait ? Et si le robot s’approprie nos plaisirs, ressent-il pour autant de la satisfaction en effectuant ces petits gestes inutiles ? Quel relation pouvons nous dès lors entretenir avec cette machine absurde ?

Oeuvre produite avec le soutien de Crossed Lab (Lyon).

L'assemblée des objets

L’assemblée des objets 
Julie Brugier (France), Filipe Pais (Portugal), Olivain Porry (France)

Chaque jour, quelques milliers d’objets sont laissés à l’abandon dans les rues de nos villes. Certains objets s’arrêtent brutalement après des années de dur labeur, d’autres sont victime de la mode, et de nouvelles versions plus performantes viennent chaque jour les remplacer. Dans l’époque Post-Trump que nous traversons, le monde apparaît confus et l’attention accordée à la crise écologique est lentement balayée sous les tapis des programmes politiques. C’est dans ce décor dystopique que les déchets urbains unissent leurs forces afin de protester contre l’apathie humaine. Cette idée de « manifestation des objets » résonne avec celle de « Parlement des Choses » de Bruno Latour, pour qui les entités non humaines doivent être prises en compte dans les négociations politiques. En ce sens, les objets rejetés se voient, par ce projet, rassemblés dans une grande manifestation publique : ampoules, imprimantes, caméras de surveillance, et réfrigérateurs sont invités à venir interpréter des chorégraphies, pour une manifestation globale des objets.

Ainsi, l’Assemblée des Objets est la mise en scène d’un groupe d’objets activistes en parade dans un espace d’exposition. Cette assemblée est constituée de plusieurs groupes d’objets, qui s’expriment au travers de chorégraphies, d’actions, de bruits, ou encore d’intéractions. Les objets échangent entre eux ou s’affirment seuls. Certains sont « hackés », augmentés pour devenir des entités autonomes, totalement émancipées du monde humain. Les plus abîmés s’entre-aident, se soutiennent, s’épaulent, et les différentes chorégraphies s’unissent dans un vacarme déroutant. Le lowtech est le langage choisi des objets activistes, construisant ainsi une esthétique du déchet et de la frugalité.

Filipe Pais, Julie Brugier et Olivain Porry se sont rencontrés dans le cadre du programme Reflective Interaction à l’Ensadlab (le laboratoire de recherche de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris). Ils travaillent ensemble dans l’axe de recherche Behavioral Objects qui interroge la notion de comportement et se focalise sur la conception et la création d’objets à comportements. Aujourd’hui ils participent au développement du MisB Kit, un kit open-source de robotique modulaire adressé aux artistes et designers, qui permet la création d’objets à comportement.

Symbiotes

Symbiotes 
Collectif AAIO (France)

Les symbiotes sont des objets bavards. Ils forment une colonie sonore qui investit différents espaces de circulation de la médiathèque. En entrant en symbiose avec le lieu, ils aspirent ses mouvements et les métabolisent en chants qui dialoguent avec le paysage sonore quotidien, rendant ainsi ses particularités plus audibles.

Chaque symbiote est doté de sa propre voix, de son propre cri. Regroupés en colonie, ils produisent une biophonie qui s’insère dans les interstices sonores disponibles. Le terme biophonie, développé par l’audio-naturaliste et artiste sonore Bernie Krause, désigne l’ensemble des sons émis par la population animale dans un milieu. Chaque espèce développant une stratégie évolutive pour se faire entendre parmi le concert animal, il en résulte un paysage sonore riche, auto-orchestré, où chacun occupe une niche sonore spécifique.

Par leur comportement autonome, insouciant du bien-être humain, les symbiotes sont leur pendant semi-sauvages. Objets simples, bavards, propices aux anthropomorphismes, ils se situent approximativement entre la caisse enregistreuse, le véhicule de Braitenberg, l’insecte et le bernard-l’ermite.

Scannant en permanence leur environnement immédiat, ils ingèrent les mouvements du lieu dans lequel ils vivent (vibrations acoustiques, mouvements dans l’espace…). Lorsque ils en sont remplis, ils rejettent cette énergie sous forme sonore. Il en résulte une impression de dialogue, presque d’empathie, avec nos propres productions de bruits.

Si les symbiotes s’entendent, il est difficile de les apercevoir : ils se camouflent dans les zones d’ombre. Ils acquièrent leur physicalité, leur intentionnalité, leur vie, par le son qu’ils émettent. On peut entrevoir, quelquefois, la queue d’un symbiote qu’il laisse sortir de son abri pour sonder son environnement.

Autres projets 
Alexandra Brillant (France), In Dialog (GB), Raphaël Isdant (France), Adam Nowak (France), Kevin Primicerio (France)

Aux côtés des œuvres réalisées en résidence au Bel Ordinaire seront exposés des projets à l’état de concept.

Kevin Primicerio & Adam Novak 
Miega

Miega est un appareil de transformation des ondes cérébrales en ondes sonores, audibles uniquement par le porteur de l’appareil, mais lorsque deux porteurs entrent sous un halo de lumière en même temps, ils entendent la musique créée par le cerveau de l’autre porteur. Ils ont alors la possibilité d’entrer en contact avec une barre métallique les séparant, ce qui fait fusionner leurs musiques cérébrales pour n’en créer qu’une. Une recherche sur la signature sonore d’un individu.

Raphaël Isdant & Alexandra Billant
Trespascan 
Un dispositif interactif tragi-comique inspiré d’une machine du quotidien, la caisse enregistreuse. Scanné comme un simple article, l’humain se convertit en un ticket de caisse correspondant à la quantité d’objets et de nourriture pouvant résulter de l’exploitation de son corps.

Collectif In Dialog
A dialog between man and machines in the age of articifial Intelligence

Une rencontre sentimentale entre une intelligence artificielle empathique et le visiteur. Se nourrissant d’interactions avec l’humain, la machine offre une matérialisation visuelle du dialogue homme/machine et créée un catalogue d’images et de symboles propre à l’activité cérébrale de chaque visiteur.

L’exposition s’accompagne de captations vidéo des conférences présentées à la Gaîté Lyrique, où artistes, historiens de l’art, chercheurs en robotique et en intelligences artificielles évoquent les enjeux de société liés au devenir des machines.

(Re) voir les conférences à la Gaîté Lyrique

expo visible dans le Patio, l’Atrium et la Salle d’exposition, du 11 au 28 octobre, du lundi au samedi :

lundi 14h - 18h

mardi & vendredi 11h30 - 18h

mercredi & samedi 9h30 - 18h

jeudi 14h - 20h

vernissage mercredi 11 octobre à 18h

Une production accès)s(, le Lieu Multiplela Gaîté Lyrique et le Bel Ordinaire, avec le soutien de Crossed Lab.

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médiathèque a. labarrère

Place Margueritte Laborde
64000 Pau
05 47 05 10 00

Voir sur la carte

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Organisateur :
Association accès)s(
0559138744
direction@acces-s.org
http://acces-s.org/agenda/368/machines-utopiques
Lieu :
Médiathèque André Labarrère - Pau
10 Place Marguerite Laborde, 64000 Pau, France
Tarifs :

gratuit

du
oct. 11 2017
au
oct. 28 2017

De 18:29 à 19:29