Conférence - débat

Séminaire international PALEVOPRIM : Réévaluation des Ostracoda de la Formation de Shungura (vallée de l’Omo, Éthiopie)

Intervenante

Ilaria Mazzini
Consiglio Nazionale delle Ricerche, IGAG, Rome, Italie

Thème

Réévaluation des Ostracoda de la Formation de Shungura (vallée de l’Omo, Éthiopie)

A la fin des années 1970, les paléoenvironnements de la Formation plio-pléistocène de Shungura (basse vallée de l’Omo, sud-ouest de l’Éthiopie) ont été étudiés via l’analyse des ostracodes (Carbonel et Peypouquet, 1979). Au cours de la mission de terrain 2016 de l’Omo Group Research Expedition, 20 des 22 horizons à ostracodes décrits en 1979 ont été retrouvés et ré-échantillonnés, alors que 75 horizons inédits étaient nouvellement échantillonnés. Trois assemblages principaux d’ostracodes ont été identifiés et leurs caractéristiques écologiques ont été reliées à des changements paléoenvironnementaux (principalement profondeur de la tranche d’eau et salinité). Ces paramètres varient dans chaque membre de la Formation de Shungura et fournissent des indices sur une transition entre un lac profond (Sclerocypris clavularis, Limnocythere africana) et un lac de faible profondeur. Dans certains cas, cette transition correspond à une salinité accrue favorisant l’épanouissement d’espèces halotolérantes, à l’origine de couches d’ostracodites (Cyprideis sp., Hemicypris spp.). Dans d’autres cas, cette transition correspond à une baisse de salinité, fortement contrainte par des apports d’eau douce (Ilyocypris spp.) suggérant un environnement deltaïque.

Ilaria Mazzini est une spécialiste internationale des ostracodes. Elle utilise ces crustacés à coquille comme outils de reconstruction des environnements lacustres et marins marginaux du Néogène et du Quaternaire d’Eurasie et d’Afrique, y compris pour indiquer des changements holocènes en lien avec les occupations humaines du pourtour méditerranéen. Elle utilise également les contenus isotopiques et en éléments traces des coquilles d’ostracodes comme proxys complémentaires. Elle a obtenu son doctorat à l’Université Ludwig Maximilians de Munich, et travaille actuellement à l’Institut de Géologie environnementale et de Géoingénierie à Rome.

Lieu

Salle 410, bât. B35 (3ème étage, aile nord), Université de Poitiers.

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