Fête de la Science 2026 – Saveurs savantes - Que va-t-on manger demain ?
Publié par Endémik, le 3 novembre 2026
Moins de viande rouge, plus d’aliments végétaux, une alimentation plus locale, des modes de production adaptés. Avec le média Endémik et sa journaliste Déborah Adoh, une centaine d'élèves haut-viennois ont réfléchi à quoi ressemblera le contenu de nos assiettes dans le contexte du réchauffement climatique.
D’Oradour-sur-Vayres à Magnac-Laval en passant par Limoges, le constat est le même pour les élèves : avec le réchauffement climatique, notre alimentation va changer. La sécheresse historiquede 2026 l’illustre parfaitement. Déborah Adoh, journaliste venue animer les ateliers dans le cadre de la Fête de la Science, prend l’exemple des récoltes d’oignons : « comme le montre un reportage régional de France 3 Auvergne publié fin septembre, les légumes sont plus petits et les récoltes sont plus faibles en quantités ». Auprès des élèves, elle évoque aussi le manque de nourriture et d’eau pour les animaux d’élevage. Situation qui concerne particulièrement le Limousin.
Pour dresser le constat complet, la journaliste questionne les élèves : « C’est quoi pour vous le réchauffement climatique ? ». « Hausse des températures », « sécheresse », « réchauffement des océans », « météo changeante », « dérèglement ». De 9 à 17 ans, tous les élèves ont entendu parler du phénomène et connaissent certaines des conséquences de celui-ci.
Déborah Adoh ajoute que cette hausse globale de la température est due à ce qu’on appelle des gaz à effet de serre dont les plus connus, le CO2 et le méthane. Ces derniers réchauffent notre atmosphère et leurs émissions ont explosé avec le développement industriel depuis le 19ème siècle. Cette augmentation de quelques degrés paraît faible, mais elle a de graves conséquences sur la vie des êtres vivants sur Terre dont les êtres humains font partie.
« Quand vous avez de la fièvre, votre température augmente de 1 ou 2 degrés, illustre la journaliste. Ce n’est pas beaucoup, mais cela suffit à vous sentir mal. » Fatigue, frissons, maux de tête, les élèves citent tour à tour les symptômes de la fièvre. « Et quand vous allez au-delà de 40°C, cela peut amener jusqu’à la mort, explique Déborah Adoh. Avec le réchauffement climatique, la température de notre environnement augmente et comme pour la fièvre, cela a des conséquences. »
Après la constatation, vient le questionnement : « Que va-t-on manger demain ? », « Comment va-t-on produire ? », « Quelle place laisse-t-on à la biodiversité ? ». Pour répondre à ces questions, certains élèves réfléchissent et argumentent sous forme de débats mouvants. Selon les solutions proposées, ils se positionnent dans la salle et justifient leurs choix. D’autres élèves expérimentent « Jouer à débattre- climat et alimentation durable ». Ce jeu créé par l’association L’Arbre des Connaissances, les amènent à se mettre dans la peau des habitants d’un archipel formé de cinq îles. Cet archipel subit les conséquences du réchauffement climatique et ses citoyens doivent faire des choix pour leur avenir.
Au fil des discussions, Déborah Adoh glisse aux élèves quelques données : émissions de CO2 générées par différents aliments, pistes possibles pour continuer à produire face aux conséquences du dérèglement climatique,…
Globalement, les élèves comprennent qu’il faudra consommer moins de viande, en particulier la viande rouge qui est responsable de fortes émissions de gaz à effet de serre. En parallèle, les protéines végétales (céréales complètes, légumineuses,…) demandent peu de ressources en eau et leur culture émet très peu de gaz à effet de serre. Une des pistes serait donc de manger plus de protéines végétales. Des habitudes difficiles à changer, selon beaucoup de jeunes ayant participé à l'atelier. Autre constat fait avec les élèves : il faudra manger plus local. Un choix bénéfique pour l’environnement, mais aussi pour les producteurs locaux. Plusieurs lycéens ayant participé aux séances sont d’ailleurs de futurs éleveurs.
Le changement d’alimentation permettra de continuer à se nourrir malgré les conséquences du dérèglement climatique (sécheresse, fortes pluies,...), mais aussi de réduire les émissions de gaz à effet de serre, et donc de limiter le réchauffement climatique.
Après avoir débattu, les élèves découvrent à travers des reportages que plusieurs solutions dont ils ont parlé existent déjà ou sont en cours d’expérimentation : fabrication de viande et de lait de vache en laboratoire, agroforesterie chez des producteurs de cacao en Côte d’Ivoire, développement de la culture de légumineuses en France,…
À travers ces ateliers « Jouer à débattre », les élèves ont réfléchi à un enjeu de société qui va les concerner tout au long de leur vie. Et pour Déborah Adoh, ces séances étaient aussi l’occasion d’initier les jeunes au débat : écoute, argumentation, prise de décision basée sur des faits, négociation,…
Endémik
