Margaux Depaermentier, lauréate du prix Emilie Campmas 2023 : une méthode nouvelle pour l’étude des mobilités humaines dans le passé

Publié par Annick Annick Campmas, le 25 mars 2023   600

Sur onze dossiers, provenant du Canada, de Suisse, d’universités parisiennes et du Sud de la France, tous d’une excellente qualité, c’est celui de Margaux Depaermentier, doctorante à l’Université de Bâle (Suisse), qui a été retenu par le Conseil Scientifique de l’AssEmCa, composé de neuf scientifiques de renommée internationale, chargées ou directrices de recherche, maîtres de conférences, de Bordeaux, Toulouse, Rennes, du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris, de Genève et du Maroc.

Le thème de cette année était celui des mobilités dans le passé (préhistoire et protohistoire).

A peine âgée de 28 ans, Margaux a déjà un beau parcours de mobilité personnel : des études en Alsace, une fin de licence à Paris, un master en Allemagne, une thèse en Suisse avec un séjour en République Tchèque, un autre de 7 mois à Cambridge.

C’est avec plaisir qu’elle s’est déplacée en territoire cubzaguais, devant le public qui l’honore du prix Emilie Campmas.

Margaux développe une méthode originale sur l’étude des mobilités humaines dans le passé, à partir d’analyses isotopiques de l’oxygène et du strontium de l’émail des dents humaines.

Lors de son dynamique et passionnant exposé, elle a présenté les résultats d’une étude de cas englobant un vaste territoire, de la Hongrie à une partie de la Croatie actuelle.

« Se trouvant sur la route continentale de diffusion du « mode de vie néolithique », la Plaine de Pannonie et les Carpates constituent une zone géographique et culturelle stratégique dans l’histoire de la colonisation des premiers agropasteurs européens. Dans ce contexte, appréhender le taux et les dimensions géographiques, démographiques et sociales des mobilités humaines est un enjeu clé de la recherche archéologique pour d’une part dynamiser la compréhension du processus de néolithisation et d’autre part comprendre la structure sociale des sociétés néolithiques à travers le temps et l’espace. Nous avons en effet pu déceler de probables réseaux d’échanges et d’alliance englobant d’importants systèmes matrimoniaux tant sur de longues distances qu’à très petite échelle selon la période et la région. La comparaison entre l’origine des individus et les pratiques funéraires a permis en outre d’entrevoir des principes d’intégration et d’acculturation tout au long du Néolithique, faisant écho à de nombreux sujets d’actualité. »

Margaux applique cette méthode isotopique à différentes périodes, notamment au Haut Moyen-Âge. « Outre la révision du concept de migrations massives, les données isotopiques révèlent des schémas de mobilité jusqu’ici sous-estimés et ouvrent de nouvelles perspectives dans l’investigation du monde médiéval. »

Elle vient de publier un article à ce sujet, que vous trouverez sur le lien : https://rdcu.be/c7OG9

https://sites.google.com/view/assemca/actions-scientifiques/prix-emilie-campmas