S'informer avec les 4ème B du collège Daniel-Castaing du Mas d'Agenais
Publié par Robin Serre-ardill, le 15 juillet 2026
S’informer est un jeu d’enfant : au Mas d’Agenais les 4e sensibilisent leurs camarades aux fake-news
Grâce à des jeux qu’ils ont créés avec l’aide de l’association Courts-Circuits, les collégiens ont co-animé des ateliers auprès de 7 classes pendant deux jours.
Les 9 et 10 juin, les élèves de 4eB du collège Daniel-Castaing, au Mas-d’Agenais, ont coanimé des ateliers sur la manière de bien s’informer pour d’autres classes du collège. Les collégiens ont réalisé ces ateliers grâce à des jeux qu’ils ont créés avec l’association Courts-Circuits 47 les 27 et 28 avril derniers.
Pour la phase d’animation qui s’est déroulée à la salle des fêtes de la commune, les élèves ont toutes et tous eu des rôles. Louise était chargée d’accueillir les classes et de leur expliquer le déroulement de la séance. Auxane et Lana se sont occupées d’accompagner les groupes dans les différents îlots d’animation où chaque classe (une classe de 5e, deux classes de 4e et quatre classes de 6e) retrouvait des binômes ou trinômes d’animation.
« Au début, ce n’est pas facile d’accueillir une classe, car on ne connaît pas forcément toutes les personnes que l’on a en face », explique Louise. « On a un peu l’appréhension de mal expliquer et que les élèves ne comprennent pas, mais plus ça va, plus c’est simple, car j’apprends mieux mon texte et je stresse moins à parler devant les classes. »
Le premier jeu, qui se nomme Cépadelia, reprend le principe du « Loup-garou ». « Chaque personne se voit attribuer une carte avec un rôle (le robot, l’informateur, le fake-newseur, le hackeur, l’influenceur, le chercheur, la journaliste, le troll) qui a, pour chacun, un but différent : l’un est de démasquer les fake-newseurs qui, eux, doivent faire croire l’inverse de la vérité aux autres joueurs », décrit Louise. « Ce n’était pas facile de garder l’attention des participants et, parfois, c’était compliqué d’expliquer », témoigne Livia, élève animatrice. « Les consignes du Bouche-à-oreille étaient bien comprises, mais les phrases étaient toutes déformées. » Ce deuxième jeu avait pour but de faire passer une phrase indiquée par les coanimateurs, en essayant de la déformer le moins possible.
Le but de l’animation, c’est de comprendre qu’il faut se méfier des informations que l’on voit ou entend. Ça peut vite être déformé ou mal compris. Ce n’est pas toujours ce que l’on croit. En parallèle, ça renforce la cohésion des groupes. « Ils sont forts et pleins d’imagination. Si c’étaient des adultes qui avaient créé ça, on l’aurait moins apprécié », a jugé un élève de 6e qui a été fort impliqué. « Génial », « bien », « super », « amusant », « drôle » : c’est par ces mots que des participants ont décrit leur expérience. Pour les animateurs, elle a été « extraordinaire » bien que « complexe ».
Mardi, les élèves ont eu la chance de recevoir Ketsia, d’ARD Radio, une radio associative indépendante du Marmandais. La journaliste a interviewé des animateurs, des participant.es et Marion et Robin de l’association Courts-Circuits 47. Lola, Lya et Emma, elles aussi en 4e, étaient dans l’équipe Radio et avaient pour rôle d’accompagner Ketsia. Celle-ci est venue avec son matériel d’enregistrement : une table de mixage, les micros, des casques… « Ketsia a été super avec nous », s’enthousiasment les trois élèves. « C’était intéressant de répondre et de poser des questions sur son métier », raconte Lola. Lya a trouvé « un peu intimidant » de s’exprimer devant le micro.
Pour écouter le podcast de l’émission réalisée suite à ce projet : lien du podcast.
Livia, Alessandro et Enzo W: les groupes écoutent, comprennent, les 4e sont les moins investis, bien qu’ils comprennent mieux les cartes. Enzo P et Luca notent que « la table est déjà bien préparée, prête à accueillir un groupe ». On trouve ça facile d’animer, les élèves écoutent et ne sont pas turbulents. Tous les élèves sont un peu timides au premier tour. On leur dit de ne pas hésiter à parler et on va vers eux. Au deuxième tour, c’est généralement plus facile. On préfère les animer, car c’était un peu long de les créer, on ne comprenait pas le but des rôles, etc.
Mercredi matin, les élèves ont reçu Camille Groc, une journaliste de Sud-Ouest basée à Marmande. Elle a accompagné Louise dans l'écriture de cet article, en essayant de comprendre la méthodologie derrière son travail, tout en partageant son expérience : "Être journaliste ça nécessite des déplacements, être là pour voir, observer".
Merci à toutes et tous d’avoir fait de ce projet collectif une magnifique aventure !
