Fête de la science: Qui a tué le goût de ma noisette ? Une enquête scientifique du verger à l'assiette
Publié par Rachid HAMIDI, le 16 octobre 2026
Le samedi 10 octobre 2026, la Maison de la Noisette a accueilli une enquête scientifique pas comme les autres, organisée dans le cadre de la Fête de la science 2026 et de son thème « Saveurs savantes ». Une cinquantaine de visiteurs ont remonté le fil de la noisette, du verger à l'assiette, au fil de six ateliers mêlant découverte des variétés, dégustations à l'aveugle, défis olfactifs et enquête sur les insectes ravageurs. Portée par l'Association Nationale des Producteurs de Noisette (ANPN) et la Maison de la Noisette, cette aventure ludique et sensorielle invitait petits et grands à réunir les indices pour trouver le mot mystère...
Une première collaboration entre recherche et découverte gourmande
Cette animation marque une première collaboration entre les chercheurs et animateurs scientifiques de l'ANPN et la Maison de la Noisette, récemment reprise par Anne-Sophie Frayssinet. Cette rencontre entre recherche appliquée à la production de noisettes et découverte sensorielle et gourmande a permis de proposer aux visiteurs un parcours original, associant connaissances scientifiques, observations et expériences sensorielles.
Pour l'occasion, le parcours de visite de la Maison de la Noisette s'est transformé en terrain d'enquête. Répartis dans plusieurs pièces, les ateliers ont permis aux participants de découvrir la noisette sous différents angles, de ses caractéristiques gustatives aux insectes susceptibles d'endommager les récoltes.
A l'accueil, Alice Andriot renseignait les visiteurs, leur distribuait les règles du jeu et contribuait à la coordination logistique de cette après-midi bien remplie. La mascotte KOKI accompagnait également les participants au lancement de l'enquête. Sous le costume, Florian Moreira pouvait compter sur Mathilde Luton pour l'aider à se déplacer au milieu des visiteurs et des nombreuses noisettes !

Accueil des visiteurs par la mascotte KOKI et Mathilde Luton (photo Hamidi)
Environ cinquante personnes ont participé à l'événement entre 14 h et 18 h. Retraités, familles et enfants curieux se sont succédé dans les ateliers. La fréquentation a donné un rythme soutenu à l'après-midi : entre les observations, les dégustations, les questions et les échanges, les animateurs n'ont pas manqué de sollicitations.

Sous le regard d'Alice Andriot, la mascotte semble avoir découvert l'une des lettres cachées (photo Hamidi)
Première étape : apprendre à reconnaître la noisette
Toutes noisettes, toutes suspectes ! Atelier animé par Julien Toillon
Avant de rechercher les coupables dans le verger, encore fallait-il apprendre à connaître la noisette elle-même. Julien Toillon a proposé un tour du monde des variétés de noisettes, mais aussi de noix et d'amandes.
Les visiteurs ont découvert les différences de forme, d'aspect et de goût entre les variétés, ainsi que leurs particularités phénologiques. Un jeu de type « Qui est-ce ? » leur a ensuite permis de mobiliser ces critères pour identifier une variété mystère.
Observer, comparer et déduire : les participants devaient reconnaître le bon suspect pour obtenir la lettre cachée de l'atelier!
Julien Toillon présente les différentes variétés de noisettes, mais aussi de noix et d'amandes (photo Frayssinet)
Du verger à la récolte : comprendre la culture du noisetier
Question pour un noisetier, atelier animé par Maud Thomas
Comment passe-t-on du noisetier à la noisette que l'on retrouve dans notre assiette ? Avec « Question pour un noisetier », Maud Thomas a proposé un quiz consacré à la culture de la noisette et aux différentes étapes qui jalonnent sa production.
Il fallait écouter attentivement, réfléchir et buzzer le plus rapidement possible pour répondre aux questions. Les participants ont ainsi pu tester leurs connaissances sur la culture du noisetier, dans une compétition conviviale où chaque bonne réponse rapprochait les équipes du mot mystère. Le dispositif a été financé avec l'aide du programme d’animation d’initiatives de culture scientifique en Nouvelle-Aquitaine (PAI).
Au-delà du jeu, cet atelier rappelait que la noisette que nous dégustons est le résultat d'un travail agricole et de pratiques culturales, dans un environnement où les producteurs doivent composer avec de nombreux facteurs, dont les insectes ravageurs.
Les participants s'affrontent au quiz de la noisette (photo Frayssinet)
Dans le verger, les suspects sont partout !
Les suspects à six pattes, atelier animé par Rachid Hamidi
Dans le monde des insectes, les apparences peuvent être trompeuses. Cet atelier a permis de découvrir la diversité des punaises parmi les insectes, en s'intéressant à leur morphologie, à leur biologie et à leurs étonnantes capacités chimiques.
Pourquoi certaines punaises dégagent-elles une odeur caractéristique ? A quoi servent les substances qu'elles émettent ? Et quel rapport peut-on établir entre l'odeur de certaines punaises et celle de la coriandre ? Les réponses ont permis de découvrir l'une des lettres mystères.
Les échanges ont porté sur les composés chimiques impliqués dans la défense des insectes et dans leurs interactions avec leur environnement. Grâce à la loupe binoculaire, les visiteurs ont pu observer les spécimens de plus près et mieux comprendre leur anatomie.
Pour l'occasion, des modèles géants de punaises et de parasitoïdes imprimés en 3D ont également été présentés. Ils ont été fabriqués dans le cadre du financement Fête de la Science par la région Nouvelle-Aquitaine, Cap-sciences. Ces reproductions permettaient de changer d'échelle et de rendre plus visibles des détails morphologiques habituellement difficiles à distinguer.

Observation de punaises à la loupe binoculaire et modèles imprimés en 3D (photo Frayssinet et Basset)
Punaise, un suspect à la loupe, atelier animé par Gabrielle Basset
Parmi les insectes qui préoccupent les producteurs de noisettes figure Halyomorpha halys, la punaise diabolique, une espèce exotique envahissante capable d'occasionner des dégâts aux cultures.
Gabrielle Basset a présenté cet insecte et les différents stades de son développement. Les visiteurs ont découvert comment les larves évoluent progressivement jusqu'au stade adulte et pourquoi il est important de reconnaître les différents stades pour mieux suivre les populations dans les vergers.
Mais l'enquête ne s'arrête pas aux ravageurs. Les insectes ont eux aussi leurs ennemis naturels. Guêpes, perce-oreilles, coccinelles, criquets et sauterelles s’attaquent aux œufs de punaises. Pourtant, c’est du côté des parasitoïdes que se dessine la piste de lutte biologique la plus prometteuse. Ces insectes ont une particularité : leurs larves se développent aux dépens de leur hôte. C’est le cas de Trissolcus japonicus, qui pond dans les œufs de la punaise diabolique (Halyomorpha halys) pour assurer l’avenir de sa progéniture.
Cet atelier a montré que la protection des cultures ne consiste pas seulement à identifier les ravageurs. Elle suppose également de comprendre leurs cycles de vie, leurs interactions avec les autres organismes et les possibilités offertes par leurs ennemis naturels.

Gabrielle Brasset et son atelier sur les auxiliaires des cultures de noisette (photo Hamidi et Frayssine)
Du verger à l'assiette : quand les sens mènent l'enquête
Ça sent le suspect ! Atelier animé par Nilson Jérémie
Après avoir exploré les insectes du verger, place à un autre indice : les odeurs. Dans cet atelier, les visiteurs devaient identifier des produits cachés en se fiant uniquement à leur odorat.
La noisette se retrouvait au milieu de la cannelle, du café et même des punaises ! Une association surprenante qui a suscité curiosité et réactions.
Pourquoi certaines odeurs sont-elles immédiatement reconnaissables ? Pourquoi d'autres surprennent-elles ou trompent-elles nos sens ? Cet atelier a permis d'aborder de manière ludique la perception olfactive et de rappeler que les odeurs jouent un rôle important dans notre rapport aux aliments, mais aussi dans les interactions entre les organismes vivants.

Les visiteurs tentent d'identifier les produits à l'aveugle à l'aide de leurs autres sens (photo Frayssine)
Mais qui a grillé la noisette ? Atelier animé par Anne-Sophie Frayssinet
Une fois les odeurs explorées, place aux papilles ! Anne-Sophie Frayssinet a proposé un atelier sensoriel autour de la torréfaction et des saveurs de la noisette.
Dégustations à l'aveugle, comparaison de différents niveaux de torréfaction et associations inattendues ont invité les visiteurs à explorer les nuances gustatives de ce fruit à coque. Une même matière première peut offrir des perceptions différentes selon sa préparation, et il fallait parfois se fier davantage à ses sensations qu'à ses premières impressions.
Cet atelier faisait directement écho au thème « Saveurs savantes » de la Fête de la science 2026. Il montrait que la découverte d'un aliment ne se limite pas à son apparence : les transformations qu'il subit influencent aussi les arômes et les saveurs que nous percevons.

Dégustation à l'aveugle et comparaison des niveaux de torréfaction (photo Andriot)
PUNAISE : le mot mystère est découvert !
Au fil des six ateliers, les participants ont récolté les lettres nécessaires pour résoudre l'énigme. Le mot mystère, volontairement facile à trouver pour les enquêteurs les plus attentifs, était : PUNAISE !
Pour récompenser leur participation, les visiteurs repartaient avec un sac contenant des noisettes, différents goodies, une loupe et une pince pour observer les insectes. De quoi prolonger l'enquête à la maison et porter un regard différent sur la biodiversité qui nous entoure.
Au-delà du jeu, cette animation a permis d'aborder des sujets scientifiques variés : diversité des variétés, perception sensorielle, chimie des odeurs, biologie des insectes ravageurs et lutte biologique. Une manière concrète de montrer que la science se découvre aussi en goûtant, en sentant, en observant et en formulant des hypothèses.
Remerciements
Cette première édition a été animée conjointement par l'ANPN et la Maison de la Noisette, avec le soutien de Cap Sciences et de KOKI. Un grand merci également à Angélique Bonnet, qui a pris des photographies et réalisé des vidéos tout au long de l'événement, permettant de garder une trace de cette après-midi scientifique et conviviale. Nous remercions la Région Nouvelle-Aquitaine (Cap-Science) pour son soutien, ainsi que toutes les personnes qui ont contribué à l'organisation, à l'accueil et à l'animation des ateliers. Merci à RADIO4 d’avoir relayé ce rendez-vous annuelle et KOKI pour son sponsoring. Malgré une communication limitée, environ cinquante visiteurs ont participé à l'événement. Les échanges, la curiosité des enfants et l'implication des familles ont largement contribué à la réussite de cette après-midi.
Cette rencontre entre recherche scientifique, production agricole et découverte gourmande ouvre une perspective intéressante : faire de la noisette un point de départ pour explorer le vivant, de la diversité des variétés aux interactions écologiques qui se jouent dans les vergers. Derrière une noisette se cachent bien plus qu'un fruit et une saveur : tout un monde de sciences à découvrir.
Pour aller plus loin
- Maison de la Noisette : https://www.lamaisondelanoisette.com/
- Association Nationale des Producteurs de Noisette (ANPN) : https://www.anpn.eu/
- Cap Sciences : https://www.cap-sciences.net/
- KOKI: https://www.unicoque.com/
- Fête de la science : https://www.fetedelascience.fr/
- Radio4 : https://www.radio4.fr/
