MA VIE - MA SANTE Rencontre #1 : ADOS ADDICTS

Publié par Blandine De La Rochebrochard, le 17 mars 2022   630

La première rencontre Ma Vie - Ma Santé, nouveau programme santé de Cap Sciences et du CHU de Bordeaux a donc démarré le mardi 1er mars à Cap Sciences avec un sujet d’actualité à destination de la jeunesse, celui de l’addiction.

Si l’on en croit l’étude de janvier 2022 réalisée sur des élèves en classe de 3ème, par l’observatoire français des drogues et des toxicomanies, il en ressort un enseignement intéressant sur de nouvelles formes de consommations.

Même si l’alcool, le cannabis ou encore le tabac semblent être moins plébiscités qu’avant (depuis quand ?) , 5% des élèves de 3ème disent avoir déjà testé du protoxyte d’azote, ce gaz hilarant que l’on trouve dans les cartouches de chantilly, et qui s’achète sous toutes les formes et de façon très simple sur internet ou encore en grande surface !
D’autres formes d’addictions se développent, avec les jeux vidéo, les troubles alimentaires, des pratiques sexuelles comme le « Chemsex » (pratique dangereuse qui associe le sexe à la prise de drogues)… Si l’addiction a toujours existé, ses formes et ses substances ont évolué.

L’objectif de cette rencontre et de ses intervenants était de faire prendre conscience du fonctionnement d’une addiction et de la manière dont elle agit sur le cerveau.

L’addiction peut être considérée comme cette impossibilité répétée d’une personne à réguler une récompense ou une source de gratification : « Être addict, c’est aussi développer un mode de relation au produit qui est pathologique et caractérisé par une perte de liberté un peu comme une relation d’aliénation. » comme le soulignent Mélina Fatseas et Alexandre Peyré. Il a été rappelé combien le cerveau des adolescents en plein développement (la fin de la maturation cérébrale allant jusqu’à 25 ans) pouvait être vulnérable, dès lors qu’une substance était prise très tôt dans l’adolescence. Les effets sur les fonctions cognitives et la toxicité sur les organes périphériques pouvant être aliénants et emprisonnants.

Alors comment savoir si son ado est addict ?
« Une erreur à ne pas commettre serait de confondre la quantité consommée à l’addiction, et de vouloir absolument tout contrôler pour remettre son ado dans le "droit chemin".  Ce n’est pas la substance le problème, c’est la relation que l’on a avec » précise Alexandre Peyré. Individu - contexte - substance : c’est la relation entre les trois qui peut créer une dépendance (triangle de ZINBERG). « Que l’on se rassure, ce n’est pas parce qu’un ado va consommer une substance qu’il va automatiquement devenir addict. Instaurer un climat de dialogue très tôt est primordial pour poser les mots sur des problèmes qui entraîneraient vers la consommation et faire ainsi de la prévention. En parler reste le meilleur des remèdes. » rajoute-il encore.

L’addictologie existe depuis 15 ans en France ! Ainsi des spécialistes de la psychologie des adolescents sont une aide très précieuse pour mieux comprendre l’univers de l’addiction chez les jeunes et savoir comment les protéger et les accompagner.

Cette première rencontre du Cycle Ma Vie Ma Santé a permis des échanges très riches d’enseignements, et nous remercions particulièrement les deux intervenants, Mélina FATSEAS (cheffe du pôle addictologie du CHU de Bordeaux et du CH Charles Perrens, chercheur de l’Université de Bordeaux, au sein de l’équipe INCIA du Neurocampus de Bordeaux), et Alexandre PEYRÉ (Psychologue au Centre d'Addictovigilance (CEIP-A), service de pharmacologie médicale, pôle de santé publique et dans la Filière AdDoc, urgences pédiatriques au CHU de Bordeaux) pour leur expertise de qualité, ainsi que Bruno Rougier , journaliste santé, pour la modération de cette soirée.

Replay du Live : https://youtu.be/IuGIBbCWunc

Pour en savoir + sur ce cycle de rencontres, contactez :
Blandine de la Rochebrochard / Cheffe de projets à Cap Sciences / b.delarochebrochard@cap-sciences.net