L’alimentation des chèvres à l’étude : un reportage de France 3 à voir en replay

Publié par INRAE Nouvelle-Aquitaine-Poitiers, le 6 juillet 2026

France 3 Nouvelle-Aquitaine a diffusé lundi 29 juin 2026 un reportage tourné à l'unité expérimentale FERLUS à Lusignan. Il met en lumière l’expérimentation Patuchev pour concevoir des systèmes d'élevages caprins autonomes et économes.

Patuchev rassemble 3 équipes de chèvres qui portent différentes couleurs de collier : rouge, jaune ou vert. À chacune son terrain de jeu : 

  • une surface en prairies ou cultures de 10 ha,
  • une place en chèvrerie avec paille, foin et brosses.

Le but du jeu : utiliser l’herbe sous toutes ses formes pour améliorer le revenu et optimiser la qualité du lait, tout en réduisant le parasitisme et sans utiliser d’engrais. Le tout en partenariat étroit avec le réseauREDCap : des éleveurs et éleveuses qui développent des systèmes d’élevages caprins durables.

Découvrez en vidéo les régimes alimentaires testés avec ces trois troupeaux de chèvres, dans le reportage de Mathieu Maillet et ‌Luc Barré et les interviews de :

  • Hugues Caillat (INRAE), directeur de l’unité expérimentale FERLUS
  • Damien Capo (INRAE), assistant ingénieur
  • Jean-Frédéric Granger (Le Domaine du Parc), éleveur et producteur de fromage

Voir le reportage en replay

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Patuchev est un projet environnemental mené par INRAE à Lusignan depuis près de treize ans. Le but ? Aider les éleveurs et éleveuses de chèvres à avoir une production viable économiquement, être moins dépendant des achats extérieurs, avec une démarche écologique et dans le respect du bien-être animal. 

L’expérimentation rassemble trois troupeaux de 60 chèvres :

  • Les rouges passent l'année au pâturage et mettent bas au printemps,
  • Les jaunes passent l'année au pâturage et mettent bas en automne,
  • Les vertes restent en chèvrerie et mettent bas en automne. 

Hugues Caillat explique : "Chaque troupeau a dix hectares de surface, répartis entre des prairies et des cultures. Sur les prairies, nous testons différents types de mélange" : luzerne, trèfle, ray-grass. Ces associations permettent un apport naturel d'azote et l’économie d’engrais, mais aussi d'anticiper les aléas climatiques. "Le sorgho est [aussi] une plante très intéressante" précise Hugues Caillat, "parce qu'elle a des besoins en eau très faibles. [Elle] nous a permis l'année dernière de faire pâturer même en juillet-août, quand tout était sec."  En plus du pâturage, le foin est coupé et récolté encore frais puis séché en grange. Par rapport au ramassage classique du foin, cette technique économise du carburant et améliore la qualité du foin. "Notre séchoir en grange conserve tous les éléments nutritifs de l'herbe fraîche" confirme Hugues Caillat, "en particulier la vitamine A, la vitamine E, les acides gras insaturés (les fameux oméga 3). En ingérant cette herbe, les chèvres vont donner un lait de qualité". Même celles qui restent en chèvrerie, faute d'espace suffisant dans les élevages. Le parasitisme est un autre frein au pâturage : strongles, ténia, coccidies. L'équipe de Patuchev traque ces ennemis des chèvres et cherche le moyen de les limiter. "On peut changer le mode de pâturage, les durées passées par les chèvres sur les prairies, le nombre d'animaux par hectare." énumère Damien Capo. "Ça permet d'endiguer un peu la contamination."

L’éleveur Jean-Frédéric Granger suit ces recommandations depuis sa transition en bio en 2018. Il possède 250 chèvres et transforme son lait en fromage. Sa collaboration avec les scientifiques lui a permis d'établir la prairie idéale sans risque. "Nous, on ne pourrait pas faire de l'expérimentation." dit-il. "Si ça ne marche pas, c'est lourd de conséquences. Il faut que ça fonctionne."

La suite de l'expérimentation Patuchev, commencée en 2013, est déjà en projet avec Patuchev 2, pour continuer à montrer la complémentarité entre élevage et cultures végétales.