PAI 2025 - Projet "Des racines et des Elles ! La Préhistoire au féminin"
Publié par Musée national de Préhistoire, le 30 janvier 2026
Comment se sont construites nos représentations des femmes préhistoriques ? Et si les clichés que nous véhiculons en disaient plus sur notre société actuelle que sur le passé ? C’est autour de ces questions qu’a été conçu un projet éducatif mêlant archéologie, égalité femmes-hommes et esprit critique, mené auprès de 70 élèves de Dordogne.
Le projet a réuni deux classes de 4ᵉ du collège de Lanouaille et une classe de 2nde du lycée général de Sarlat, en lien étroit avec les enseignantes référentes égalité filles-garçons des établissements, et en partenariat avec le Conseil départemental de Dordogne et l'Inrap. Inscrit à la croisée de l’enseignement moral et civique et de la culture scientifique, il avait pour ambition de questionner les stéréotypes de genre dans les sciences, et plus particulièrement en archéologie.
Penser la Préhistoire autrement… dès la classe
Le travail a débuté en classe, où les élèves ont été invités à exprimer librement leurs représentations des femmes préhistoriques à partir de questions ouvertes. Ces premières réflexions, parfois très ancrées dans l’imaginaire collectif, ont servi de point de départ à une analyse plus approfondie. Le visionnage d’extraits d'un documentaire, accompagné d’une grille d’analyse, a permis aux élèves de comprendre comment les discours scientifiques évoluent et comment certaines représentations genrées ont longtemps façonné notre vision de la Préhistoire, sans toujours reposer sur des données archéologiques avérées.

Au musée : confronter les idées reçues aux savoirs scientifiques
La seconde phase du projet s’est déroulée au Musée national de Préhistoire aux Eyzies. La visite guidée « Clichés en tous genres ! Que sait-on vraiment des femmes préhistoriques ? » avec Eléonore De Castro, guide-conférencière du GrandPalais-RMN, a offert aux élèves l’occasion de découvrir comment se construisent les savoirs scientifiques et comment la muséographie a évolué au fil du temps. Les élèves ont pris conscience du caractère dynamique et évolutif de la recherche scientifique.
Un temps d’échange a permis de revenir sur les idées formulées en classe et de mesurer l’évolution des points de vue après la visite. Cette réflexion collective a été prolongée par la reprise des extraits du documentaire analysé en amont, afin d’approfondir la compréhension des contenus abordés.

La journée s’est conclue par une rencontre avec Anne Lehoërff, archéologue et historienne, qui a accompagné les élèves tout au long de la journée. Cet échange privilégié a permis d’aborder les avancées de la recherche archéologique, les liens entre science et société, ainsi que la place des femmes dans le monde de la recherche.

Des parcours inspirants pour ouvrir vers l'orientation
Le projet a également permis aux élèves de découvrir concrètement le métier d’archéologue grâce à des rencontres avec des professionnelles de terrain. Céline Laborde-Cardona, archéologue au Conseil départemental de la Dordogne, est intervenue au collège de Lanouaille, tandis qu’Anne-Lyse Ravon, directrice de recherche à l’Inrap, est intervenue au lycée de Sarlat. À travers leurs parcours et leurs expériences, elles ont montré la diversité des métiers de l’archéologie et abordé sans détour les enjeux liés à la place des femmes dans cette discipline.
Ces échanges ont favorisé la déconstruction des stéréotypes de genre et ont contribué à nourrir la réflexion des élèves sur leurs choix d’orientation, en leur montrant que les métiers de la science et du patrimoine ne sont ni masculins ni féminins.
Un projet ouvert au grand public
Où sont les femmes ? Regards de l'archéologie d'aujourd'hui...
Enfin, une conférence grand public animée par Anne Lehoërff est venue clôturer le projet. Ce temps fort a permis d’élargir la réflexion au-delà du cadre scolaire et d’offrir au public une lecture renouvelée de la Préhistoire, à la croisée des avancées scientifiques et des enjeux sociétaux contemporains.

En favorisant la rencontre entre élèves, chercheuses, professionnelles du patrimoine et grand public, ce projet a démontré combien la culture scientifique peut être un levier puissant pour questionner nos représentations, encourager l’esprit critique et faire évoluer les regards sur l’égalité femmes-hommes dans les sciences.
