Nos côtes littorales sont-elles en danger ?

Publié par Marianne Peyri, le 30 mai 2022   94

Plus de la moitié de la population mondiale vit à moins de 100 kilomètres des côtes littorales. Avec le réchauffement climatique, nos côtes sont de plus en plus menacées par la submersion. Bruno Castelle, océanographe physicien, directeur de Recherche au CNRS au laboratoire EPOC de l’université de Bordeaux, nous a expliqué les conséquences du réchauffement climatique.

Bruno Castelle, océanographe physicien au laboratoire EPOC de l’université de Bordeaux lors de sa venue dans notre collège.

De nos jours, une large majorité des personnes se déplace vers le littoral pour y habiter. Des personnes y résident pour le climat doux. C’est aussi d’ailleurs l’une des principales raisons des arrivées des touristes en été. On peut y trouver la mer, s’y baigner, pêcher…Il y aussi sur les littoraux du commerce avec d’autres pays pour recevoir ou envoyer des provisions dans les ports.

Ces côtes sont soumises à des aléas depuis toujours, des risques tels des submersions et des tsunamis. Ceux-ci sont dus à des glissements de terrains ou dans des zones sismiques à la création d’ondes qui se propagent rapidement. Les causes de la submersion marine sont dues aux effets conjugués des marées, des vents, de la pression atmosphérique, des courants marins, de l’absence de digues ou de dunes et du set-up des vagues qui franchissent les obstacles sur le littoral. Les vagues qui franchissent ces obstacles sont divisées en trois niveaux :

- submersion par franchissement

- submersion par débordement

- submersion par rupture ou défaillances

L’impact principal du réchauffement climatique est que cela augmente l’intensité et la fréquence des submersions marine et accentue l’érosion des côtes.

La Nouvelle-Aquitaine vulnérable

La Nouvelle-Aquitaine est une côte vulnérable car il y a peu de reliefs, du sable le long des côtes, et elle est soumise à des dépressions entre ouest et est. L’érosion est un phénomène naturel. A Soulac-sur-Mer, le recul est naturellement de 3, 4 ou 5 mètres par an, mais le réchauffement climatique aggrave ces tendances. Au niveau mondial, on prévoit que le niveau de la mer va monter de 1 mètre jusqu’en 2100. L’érosion est souvent dû à l’effet naturel de la planète mais il y aussi celui du réchauffement climatique.

La tempête Xynthia en 2010 a provoqué une submersion sur les côtes littorales de Nouvelle-Aquitaine.

Les solutions pour contrer la submersion marine sont la construction de digues (mais cela coûte beaucoup d’argent aux fonds publics, environ entre 5000 à 10 000 euros par mètre) ou bien des dunes de sable ou la plantation d’oyats sur les dunes pour les fixer. La croissance de la dune est alors supérieure à l’élévation du niveau de la mer.

Pour construire, cultiver, les hommes se sont appropriés les zones et les marais proches des littoraux, les ont asséchés, par les digues. Il y aurait donc une autre solution naturelle, de laisser faire la nature en recréant des marais littoraux, qui de plus, au fil du temps, se ré-ensablent et constituent un puits à carbone. La nature peut nous aider à nous adapter.

On sait que l’augmentation des températures fait fondre les icebergs. Attention l’augmentation du niveau d’eau de la mer n’est pas dû vraiment à la fonte des glaciers, nous a appris Bruno Castelle, c’est l’océan, qui en se réchauffant, se dilate.

Source : Toutes ces informations nous ont été fournies par Bruno Castelle, océanographe physicien, directeur de recherche au CNRS au laboratoire EPOC de l'Université de Bordeaux.

Article réalisé par Anas, Brieuc, Fernando et Nathan, élèves de 3e au collège Rosa Bonheur de Bruges.

La réalisation de cet article s’inscrit dans le dispositif « Sciences en collège », mené par Cap Sciences en partenariat avec le Conseil départemental de Gironde. Il vise, avec l’aide de la journaliste Marianne Peyri, à accompagner les collégiens dans l'écriture d’articles et la réalisation de photos ou vidéos rendant compte de projets artistiques, culturels ou scientifiques initiés par les collèges de Gironde.