Diepkloof : retour 70 000 ans avant notre ère

Publié par Marianne Peyri, le 18 mai 2022   70

A Diepkloof, en Afrique du Sud, des archéologues ont trouvé des carapaces de tortues, des cœurs de fleurs de protéas et des coquilles d’œufs d’autruches gravés datant de 70 000 ans. Les hommes préhistoriques de Lascaux n’étaient pas les premiers à dessiner, loin de là... !

Diepkloof est un abri sous roche de 25 m de large, sur 15 m de profondeur.

Ce sont les archéologues John Parkington et Cédric Poggenpoel qui ont débuté les recherches en 1973. Ils ont fait des analyses sur les peintures pariétales. Les recherches se sont approfondies au début des années 2000, suite à la collaboration avec des préhistoriens français, Jean-Philippe Rigaud, Pierre-Jean Texier et Guillaume Porraz et ils ont commencé à creuser une tranchée longue de 16 m et jusqu’à 3,60 m de profondeur.

Sur ce chantier, ont été trouvés des outils en pierre, des coquillages, des dents, des carapaces de tortues...

Sur ce site, les restes organiques sont bien conservés, on a trouvé différentes graines, des cœurs de fleur de Protéas, la fleur emblématique d’Afrique du Sud. Il y avait aussi des morceaux d’ocre, pierre tendre rouge qui contient des minéraux de fer et pouvait être utilisé pour travailler des peaux, peindre des murs…

Les archéologues travaillant sur le site de Diepkloof ont aussi trouvé des coquilles d’œufs d’autruches gravées, datant de 70 000 ans. Les hommes autrefois se servaient de ces œufs comme bouteille. Ils faisaient un petit trou dessus. Ce sont des coquilles très solides. Ils ont dû faire des marques peut-être pour marquer l’appartenance du groupe ou de la personne. On pense à tort que l’art du dessin est récent chez l’homme et date de 40 000 ans, avec les grottes de Lascaux ou de Chauvet, mais en fait, on voit que c’est beaucoup plus ancien.

Sur la photo, on peut voir des sacs. C’est là où l’on met les sédiments enlevés pour creuser un trou. Les sacs permettent de stabiliser le terrain autour du trou et ensuite de pouvoir reboucher le trou avec les sédiments.

Lorsque le chantier débute, pendant les premières 24 h, un travail de repérage est effectué, pour élaborer des plans avec des grilles…

Ces plans servent aux archéologues pour savoir précisément où ils ont trouvé les objets. Chaque case est une coordonnée précise. Chaque carré, d’un mètre sur un mètre, détient aussi des coordonnées en X, Y, cela va permettre aussi de donner un maximum d’informations sur l’historique de la fouille.

Un sondage à 4 m de profondeur : les archéomètres vont chercher des sédiments et font attention à ce qu’ils ne prennent pas la lumière.

On voit la coupe des sédiments dessinée par les archéologues, avec les couches stratigraphiques. Chaque strate se nomme différemment selon sa période.

Sur le chantier, il peut y avoir une trentaine de personnes : des fouilleurs professionnels, des bénévoles ou des étudiants ; le directeur de chantier qui est comme « un chef d’orchestre ». On trouve aussi plusieurs spécialistes (par exemple, l’archéozoologue, spécialiste de la faune, le carpologue, spécialiste des graines, ou le spécialiste de la chronologie, le géochronologue comme Chantal Tribolo). Pour démarrer un chantier de fouilles sur un site, il faut obtenir des autorisations de l’administration étrangère, des services régionaux de l’archéologie, trouver des financements… Cela peut prendre plusieurs mois, voire plusieurs années. La durée d’un chantier est variable : un mois par an, parfois sur plusieurs années. Certains chantiers ont duré 30 ans.

Co-auteures de l’article : Emma P. N., Belinay V., Danna M, élèves de 6e au collège Gisèle Halimi de Mérignac avec l’appui de leur professeure Christelle Granit.

Crédit photos et figures : Pierre-Jean Texier, Guillaume Porraz, Marc Azéma, Google.

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La réalisation de cet article s’inscrit dans le dispositif « Sciences en collège », mené par Cap Sciences en partenariat avec le Conseil départemental de Gironde. Il vise, avec l’aide de la journaliste Marianne Peyri, à accompagner les collégiens dans l'écriture d’articles et la réalisation de photos ou vidéos rendant compte de projets artistiques, culturels ou scientifiques initiés par les collèges de Gironde.