La mer se vide : pourra-t-on la repeupler ?

Publié par Marianne Peyri, le 16 juin 2020   380

Comment la vie marine se porte-t-elle ?

Certaines espèces marines se font rares ou disparaissent. En effet, en 2006, sur 63% des zones de pêche, 87% des espèces avaient déjà disparu... Didier Gascuel, scientifique dans l’halieutique, explique : « s’il y a moins de jeunes poissons, cela peut signifier qu’il y a moins de naissances, mais aussi que les larves issues de la reproduction ne survivent pas. »  De plus les poissons représentent la principale ressource alimentaire pêchée par les humains à l’état sauvage.

 Comment en est-on arrivé là ?

La surpêche est engendrée par la consommation excessive de poissons. Aujourd’hui, on consomme en moyenne 20 kg de poissons par an et par habitant, le double d’il y a 50 ans. Et cette gloutonnerie se poursuit car les stocks commerciaux augmentent chaque année ! Par exemple la consommation mondiale de sushis, depuis les années 1990, a provoqué une surpêche importante. 

 Quelles conséquences ?

Environ 91% des poissons sont victimes d’une pêche intensive. On pêche 96 % des espèces vivant près du fond et 71% vivant en pleine eau. Cela engendre par exemple la déstabilisation des populations de cabillauds qui n’ont plus assez de reproducteurs. On pêche les plus gros poissons et les petits qui restent sont trop jeunes pour se reproduire. Parmi tous les poissons pêchés dans un grand filet, 3 espèces sont seulement conservées pour être commercialisées, alors qu’une centaine d’autres est rejetée par-dessus bord, c’est-à-dire que seulement 10% des poissons pêchés sont consommés. D’autres animaux se coincent aussi dans les filets. 

La disparition des gros poissons libère des niches écologiques (place occupée par une espèce dans un écosystème). D’autres êtres vivants prolifèrent, en particulier les méduses. Par exemple, dans les années 1960/1970 la pêche à la morue a fortement augmenté. La baisse du nombre de morues a entraîné la prolifération des crabes se nourrissant de plancton. Mais ce dernier qui est à la base de l’alimentation de pleins d’espèces est devenu rare.

 Comment pourrait-on réparer nos erreurs ?

Depuis 1970, les captures ont été divisées par deux. Vers 1996, voyant la population de thon rouge baisser, les autorités ont proposé un premier quota. Cela n’a pas permis de reconstituer des stocks satisfaisants. En 1998, une réglementation a été instaurée pour limiter les quantités autorisées de pêche. Alors en 2006, un nouveau quota a été imposé aux pêcheurs et il s’est montré efficace. On propose aussi de développer des zones protégées où la pêche est complètement interdite, dans les zones de reproduction par exemple. Grâce à ces mesures les océans ne sont pas complètement vides.

 Sacha, Clara, Lise et Maxence de 5e3 de Collège de Carbon-Blanc     

 La réalisation de cet article, élaboré par les élèves à partir de divers documents et publications de presse, a été initiée et chapeautée par Fanny Billé et Céline Le Basque, professeur de Lettres et professeur documentaliste du collège de Carbon-Blanc, dans le cadre d’un projet, menée en 2019-2020 au sein du collège sur le thème de « Environnement et engagement citoyen par le biais du dessin et de l'article de presse ».  

Cette réalisation s’inscrit également dans le dispositif « Sciences en collège », mené par Cap Sciences en partenariat avec le Conseil départemental de Gironde. Il vise, avec l’aide de la journaliste Marianne Peyri, à accompagner les collégiens dans l'écriture d’articles et la réalisation de photos ou vidéos rendant compte de projets artistiques, culturels ou scientifiques initiés par les collèges de Gironde.