A quoi servent les maths dans la vie de tous les jours ?

Publié par Marianne Peyri, le 9 juin 2020   7.4k

Les élèves de 4eC du collège Elie Faure de Sainte-Foy-la-Grande ont rencontré le mathématicien et chercheur Guillaume Pallez. Dans cet interview, il nous démontre que les mathématiques font partie de notre vie. 

 

Les maths servent-elles dans notre vie quotidienne ? 

En classe de 4e, par exemple, vous apprenez les nombres relatifs, les proportionnalités, les fractions… Ces notions mathématiques, vous les croisez en fait tous les jours dans votre vie, quand vous allez dans un magasin au moment des soldes avec des pourcentages de soldes. Si plus tard, vous achetez une maison et qu’il faut calculer les taux d’intérêt sur tant ou tant d’années... Le théorème de Pythagore, lui, c’est vrai, seuls les architectes ou ceux qui vont exercer des métiers basés sur la géométrie vont vraiment s’en servir. Mais en l’apprenant, ce qui est intéressant, ce n’est pas tant le théorème en lui-même, mais le fait qu’on apprenne à prouver le théorème et à faire un raisonnement mathématique. Les maths, cela apprend l’esprit critique, le raisonnement. Comme lorsqu’on vous raconte quelque chose et vous êtes capable de voir s’il y a une erreur de raisonnement. Les maths, même si ça paraît compliqué, le plus intéressant, c’est le raisonnement derrière. De cet esprit critique, aujourd’hui, on en a vraiment besoin. 

Dans quels grands domaines de la vie a-t-on besoin des mathématiques ? 

Grâce aux travaux sur la relativité d’Albert Einstein, aujourd'hui, on peut lancer un satellite dans l'espace ce qui permet par exemple de faire fonctionner vos GPS. De plus, toutes les expériences ne peuvent pas en effet toujours se faire dans un labo et nous avons alors besoin de modèles mathématiques. Par exemple, si l’on veut étudier le comportement des plaques tectoniques de la Terre pour prévoir un tremblement de terre, on ne peut pas faire bouger en réel ces plaques, donc on va le faire en modèle, en simulant, pour voir comment ça se passe, où le tremblement va se passer… etc. Le métier de mathématicien-chercheur, c’est vraiment comment faire des expériences rapides et moins chères. On peut trouver d’autres exemples d’application en santé. Par exemple, pour des malades de Parkinson, si une opération médicale nécessite de planter des électrodes afin d’envoyer des décharges électriques… c’est une opération très intrusive et qui présente des risques pour la personne. On ne peut pas planter des électrodes au hasard d’où la nécessité de faire un modèle mathématique et là, c’est moins dangereux. 

Comment les mathématiciens travaillent-ils ?

Sur un tableau blanc. Notre méthode, c'est trouver le problème, on lit ce que les autres mathématiciens ont fait sur cette question, on réfléchit devant un tableau et après, on entre les résultats sur l'ordinateur... Et d’ailleurs, ce n’est pas que de chercher des solutions, le plus difficile, c’est de chercher les problèmes. Se poser la question, : qu’est ce qui ne va pas marcher ? 

Est-ce que parfois vous n’arrivez pas à résoudre un problème ? 

Oui, avec mon doctorant, on vient de passer une année entière sur un problème, mais à la fin on a réussi. Souvent, face à un gros problème, on se dit, on va attaquer par un petit problème du grand problème, on cherche des directions plus simples. 

Est-ce que certains problèmes n’ont aucune solution ? 

Oui, certains ont même démontré mathématiquement que personne ne pouvait trouver la solution, mais que la solution pourtant existe. 

Qui est le meilleur mathématicien de tous les temps ?  

Certains sont très forts, mais en réalité, les maths, c’est surtout un travail de groupe, collaboratif en fait. Donc il n’y a pas un meilleur mathématicien, le plus important, c’est le collectif. 

Y a-t-il beaucoup de femmes dans la recherche en math ? 

Trop peu, elles représentent environ 20 % des chercheurs. 

 

Article réalisé par Anaïs Bourlon, Inès Delrue, Thomas Fereyrol, Hugo Lamie, Gauthier Larrede, Laure Marcelin, élèves de 4eC au collège Elie Faure de Sainte-Foy-la-Grande, qui ont reçu Guillaume Pallez dans leur classe le 13 février 2020. 

 

La réalisation de cet article s’inscrit dans le dispositif « Sciences en collège », mené par Cap Sciences en partenariat avec le Conseil départemental de Gironde. Il vise, avec l’aide de la journaliste Marianne Peyri, à accompagner les collégiens dans l'écriture d’articles et la réalisation de photos ou vidéos rendant compte de projets artistiques, culturels ou scientifiques initiés par les collèges de Gironde.